15 octobre 2009
Un grand Egyptien nous a quitté
Mohamed El-Sayyed Saïd vient de mourir, samedi 10 octobre, à 59 ans. Lorsque je l’ai connu, il y a moins d’un an, il était déjà malade. Mais il refusait de partir se faire soigner en France comme ses amis l’en pressaient, pour se consacrer à El-Badil, le quotidien qu’il avait fondé : une voix nouvelle, libre et critique, et qui allait disparaître faute de soutien financier.
Mohamed El-Sayyed Saïd restera à mes yeux une rare figure de courage et de droiture : il avait participé à la fondation de l’organisation égyptienne indépendante des Droits de l’Homme , il avait été emprisonné et torturé pour avoir pris la défense des ouvriers en grève d’une grande aciérie, en 1989, et il avait participé au mouvement Kefaya, qui durant sa courte existence, a ouvert pour la première fois en Egypte un espace de dialogue et de collaboration entre militants islamistes, laïcistes et progressistes.
Hier soir, à la mosquée Omar Makram, il y avait foule pour se recueillir en sa mémoire. Amis journalistes, écrivains, artistes, militants, politiciens de toutes générations et d’orientation souvent divergente, montraient une autre facette de l’Egypte : celle de gens qui, tout en étant au coeur de la vie sociale et intellectuelle de ce pays, rêvent à d’autres possibles…