Darfour

Articles

William George Browne : « Nouveau voyage dans la Haute et la Basse Egypte, la Syrie et le
Dar-Four », Infolio Editions, Collection Itinera, réédition de la traduction française de Jean
Castéra, parue à Paris en 1800.
ISBN 2-88474-300-6
Marc Lavergne
CNRS/GREMMO
La réédition en 2002 par Infolio éditions, du récit de voyage de William George Browne au
Darfour, publiée à Londres en 1799 sous le titre « Travels in Africa, Egypt and Syria » est
tombée, hélas, à point nommé : cette région de l’Ouest du Soudan, jusque là ignorée du grand
public, occupe depuis deux ans, de manière récurrente, la Une des média, et attise les
inquiétudes des grands acteurs de la scène internationale.
Exemple typique de ces esprits du Siècle des Lumières épris de découvertes, de sciences, et de
voyages, William G. Browne, que ses pérégrinations ont conduit durant huit longues années
de l’Egypte, à la veille de l’expédition de Bonaparte, au Levant, encore sous tutelle ottomane
en passant par une expédition pionnière, mais malheureuse, vers l’Abyssinie, qui le fourvoiera
au Darfour durant trois années d’un calvaire interminable. Si l’Egypte de la fin du XVIIIème
siècle nous est mieux connue par les rapports des consuls et les récits de voyageurs, et par
l’oeuvre de Jabarti, le Soudan en général et le Darfour plus particulièrement1 demeurent terra
incognita jusqu’à cette première incursion d’un Européen.
Publié à Londres en 1799, le récit de William Browne sera traduit en français dès 1800,
preuve de l’intérêt que suscita dès cette époque, dans le sillage de l’expédition de Bonaparte,
l’intérieur de l’Afrique. William Browne n’appartient pas aux catégories classiques des
voyageurs de l’Orient : antérieur à la mode romantique, il n’est pas un écrivain en mal
d’exotisme ; il n’est pas non plus un commerçant, ni un diplomate, encore moins un espion à
la solde de Sa Gracieuse Majesté. Même s’il se pique d’intérêt pour les plantes médicinales, la
botanique et la zoologie, comme nombre d’esprits éclairés de son temps, il voyage à son
compte, pour « connaître l’état du pays et les caractères de ses habitants ». Dans cette
entreprise, le moins qu’on puisse dire est qu’il joue singulièrement de malchance. Dépourvu
de protections, nanti de moyens fort modestes, victime d’affections diverses liées au climat et
au manque de nourriture, il est régulièrement détroussé et trompé par ses compagnons de
voyage, les autorités ou les bandits de grand chemin, que ce soit sur la route de Siwa, en
Egypte (qu’il est le premier Européen à visiter), ou au Levant. La persistance de sa curiosité
(il perdra malheureusement l’essentiel de ses notes, parmi lesquelles un dictionnaire de langue
four) et la force de sa volonté n’en sont que plus admirables.
Le voyage au Darfour doit lui permettre de rejoindre l’Abyssinie par le Kordofan, la route du
Nil étant coupée par les guerres qui dévastent la Haute Nubie. Il se joint donc à la caravane
de commerçants, qui une fois par an, rallie le Darfour par le fameux « darb el-Arbaïn ».
Quittant Assiout le 23 mai 1793, il arrive à Kobbé le 7 août, après 74 jours de voyage : 11
étapes de marche et 24 jours consacrés au repos et à la pâture des chameaux. Dès l’arrivée, le
voyage de Browne tourne au cauchemar : espérant être reçu par le sultan pour obtenir
l’autorisation de poursuivre son voyage, il est séquestré et volé : contrairement à ce qui lui
avait été indiqué au Caire, les autorités du royaume sont hostiles aux Chrétiens, et les notables
auxquels il est livré ne sont animés que par l’esprit de lucre. Epuisé, malade, ruiné, il va
passer trois ans à essayer de récupérer ses biens et d’obtenir la permission de poursuivre son
1 Elle précéda de peu le périple d’un marchand tunisien, Mohamed Ibn Omar al-Tunisi, qui traversa le pays entre
1803 et 1813, et laissa un récit publié au Caire en 1965, le « Tashhidh al-Adhhan bi-sirat Bilad al-Arab wal-
Sudan » , qui complète bien la relation de Browne.
chemin, vers le Bornou, vers le dar Gulla ou vers le Kordofan, toutes contrées inconnues
jusqu’alors : réservoirs d’esclaves ou sultanats islamisés livrés à des tyrans fanatiques. Faisant
la navette entre Kobbé, séjour des jelabs (« jallaba »), les commerçants originaires de Haute-
Egypte ou de la vallée du Nil au nord de Khartoum (Dongola et Mahas) et El-Facher,
résidence du sultan Abderrahman al-Rachid et de ses principaux meleks (ministres), il n’en
recueille pas moins nombre d’informations sur le pays.
Tout d’abord, il a pu constater par lui-même la menace que font peser sur les caravanes les
nomades Kababish ou Bideyat qui vivent du pillage, mais qui sont tenus en échec par le
défaut d’armes à feu. Mais d’autres tribus arabes, telles les Mahriya, font montre d’une
activité plus pacifique, puisqu’ils font commerce de paniers d’osiers qu’ils confectionnent
eux-mêmes. Les nomades Zaghawa sont déjà identifiés comme des colporteurs avisés et
courageux, puisqu’ils n’hésitent pas à se rendre au coeur du désert, à Bir el-Malha, pour
ravitailler les caravanes qui arrivent à court de vivres.
Le royaume est un Etat centralisé, dont la puissance repose sur le contrôle des routes
caravanières et le trafic d’esclaves razziés dans les états voisins. La guerre y est un état
permanent et le pouvoir très instable, soumis à la fortune des armes et aux querelles
dynastiques. Des expéditions sont conduites pour ramener des esclaves du dar Fertit ou du dar
Gulla au Sud, ou pour détourner des flux commerciaux, du Kordofan qui se trouve sur la route
empruntée par les pèlerins vers La Mecque, ou point d’arrivée alternatif du commerce de
l’Egypte, ou du Borgou et du Waddaï. Mais la guerre est aussi intestine et le rétablissement de
l’ordre par les forces du Sultan lui est aussi une occasion de s’enrichir, comme le montre le
règlement d’un différend entre Mahriya et Mahamid. Le sultan s’adonne lui-même au
commerce, parfois contre l’intérêt de la classe des marchands ; mais il s’appuie, plus que sur
les tribus guerrières à la loyauté incertaine, sur une armée d’esclaves et sur la caste des
« foukkara ». Ces religieux à l’islam rigide, hostiles aux étrangers, luttent également contre la
liberté de moeurs, voire la licence qui règnent ordinairement dans la population : le sultan rend
périodiquement des édits contre la consommation de « bouza » et de « mérisé », les bières de
mil, encore prisées aujourd’hui, et qui font partie de la diète quotidienne ; mais il note que
(comme sous le régime islamiste actuel) « les opulents coupables échappèrent, suivant
l’usage, à la punition qui atteignait les autres » (p. 211).Ces foukkaras, souvent pérégrins
venus d’Afrique de l’Ouest, sont ignorants et n’aident pas plus que les commerçants à ouvrir
le royaume sur le monde extérieur : Kobbé, la plus grande cité, qui compte environ 6000
habitants, n’abrite que trois ou quatre écoles coraniques (« maktab ») et si le vieil imam en
fonction lors de son arrivée avait étudié à Al-Azhar, ce n’est pas le cas de son successeur,
ignorant, dépravé et corrompu, selon les dires de notre auteur.
Etat fondé sur le commerce à longue distance, peuplé selon l’auteur d’environ 200 000
habitants, le Darfour possède moins d’une dizaine de centres urbains. Mais ceux-ci, dont la
plupart ont disparu aujourd’hui, ne comptent guère que quelques centaines à quelques milliers
d’âmes. Kobbé, à 35 km à l’ouest d’El-Facher, est présentée comme la capitale, bien que le
sultan réside à El-Facher ou dans des résidences de campagne (comme Ril, sur les marges du
Kordofan) est entièrement peuplée de marchands et d’étrangers : Danagla et Mahas chassés
par la guerre de leur Nubie natale par les dévastations des redoutables Shaigiya, Maghrébins
venus par la route des caravanes… Coubcabia (la Kebkabiya actuelle), est « la clef des routes
de l’Occident » (c’est-à-dire du royaume du Borgou à l’Ouest) ; c’est une grande ville, à la
population bigarrée, composée d’indigènes, d’Arabes, d’originaires du Borgou et d’autres
contrées de l’ouest, de Fellata, etc. Au marché, où l’on vend des étoffes de coton grossières et
des outres en cuir appréciées pour le transport de l’eau et le stockage des grains, les petites
transactions se règlent en sel.
Ces villes, peuplées de marchands, d’étrangers et d’esclaves ne sont pour autant pas
entièrement coupées de leur environnement rural : elles sont ravitaillées par les pasteurs et les
cultivateurs ; l’auteur distingue bien à ce propos les pasteurs Baggara, qui paient un tribut
annuel en têtes de bovins, et les « Arabes » nomades, peu soumis, parmi lesquels il énumère
les Mahamid, les Mahriya, les Beni Fezara, et les Beni Guerar. Quant au monde paysan, il est
à peine évoqué, sinon pour signaler que le sultan possède des terres à blé, sur les pentes du
jebel Marra, et qu’il préside chaque année à des cérémonies propitiatoires, vraisemblablement
anté-islamiques, lors du début des travaux des champs ; mais le sultan Abderrahman ne
poursuit pas les efforts de développement agricole engagés par son prédécesseur Téraub.
Le tableau qui se dégage de la lecture de ce récit de voyage est au total fort instructif : en
dépit des entraves mises à sa liberté de mouvement, l’auteur a bien saisi le fonctionnement
d’un Etat tenu d’une main de fer, certes, mais sans souci d’y faire émerger une quelconque
conscience nationale ou d’y susciter un développement économique endogène. Les villes, à
l’instar de ce qui a été constaté pour le reste du Soudan2, n’ont pas donné naissance à une
civilisation urbaine, où les différentes composantes ethniques et tribales du pays auraient pu
commencer à se fondre ; les campagnes, pressurées ou repliées sur elles-mêmes, n’ont pas
donné au pays une prospérité alternative à la « rente » de la traite négrière. L’arrêt du trafic
caravanier en 1883, lors de la conquête mahdiste, et l’interdiction de la traite par les
Britanniques, maîtres du Soudan après 1898, ruineront le Darfour qui demeurera pourtant
indépendant jusqu’en 1916, sur fond de rivalités coloniales franco-britanniques. Mais pour
cette ultime survivance d’un sultanat qui avait été durant plusieurs siècles l’un des pivots du
grand commerce entre la Méditerranée et l’Afrique noire, l’occasion était passée d’engager les
réformes qu’exigeait l’entrée dans le XXème siècle et la réorientation de son économie vers la
valorisation des ressources locales. Un siècle plus tard, le Darfour, avec les mêmes ressources,
mais une population multipliée par vingt, paie chèrement le prix de son lointain passé et de
la stagnation à laquelle les gouvernements responsables de son rattachement à l’ensemble
soudanais n’ont pas su ou pas voulu remédier.

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18 March, 2009

Doha reconciliation talks : a remake of Abuja’ deception ?

By Marc Lavergne, former Co-ordinator of the UN Security Council panel of experts on Darfur

The talks that are being held in Doha between the Sudan government and the Darfour-based Justice and Equality Movement, are only meant for the show, and are not bound to bring any peace in Darfour. Their timing explains this: they are just an attempt to distract the international players involved from the threat of indictment of General Omer al-Bashir by the International Penal Court, the decision about it being to be announced the 4th March. The Sudan government is at pain trying to show that it is doing its best to achieve peace and that any indictment would jeopardize a peace process that is now well launched.
Unfortunately, the reality is far way from this.
As can be seen by the fact that violence remains a daily routine in Darfour, with war operations being launched against rebel groups and civilian population alike, and the overall situation having fallen into chaos, due to continuous attempts by the Government of Sudan to divide rebel groups, forbid the UNAMID to fulfil its mandate, impede the return of the 2, 7 millions displaced to return home, and refuse to disarm its Janjaweed proxy militias.
This policy of the Khartoum government is so firmly established that none of the truly representative groups have accepted to go into negotiations with the Sudan government. So the JEM acceptance to join the Doha conference came as a surprise. The more so that the JEM was the most extreme in its opposition to Khartoum: its claim is not to obtain an improvement of the lot of the population of Darfur, but rather to topple the Khartoum regime.

JEM’reality behind the show

Discovering “Dr” Khalil Ibrahim on TV, dressed in army fatigue, the face covered by a desert –designed headdress, is highly misleading. Dr Khalil is much more likely to be met in 5 stars hostels of the European capitals, conveniently dressed in suit and tie, than among his fighters in the arid landscapes of Northern Darfur, where the movement is operating.
Who is JEM ? One of the two movements that launched the rebellion against the government forces in Darfur by the end of 2002, it is completely different from its competitor, the SLA. While the latter is a secularist group, with a broad constituency among the peasants and herders of the slopes and plateaus surrounding the jebel Marra, the Massalit of the West and the Zaghawa groups scattered throughout the area, who demand an equal treatment from the central government as the relatively privileged inhabitants of the Nile valley, the JEM emanates from the small Tiné clan of the Zaghawa, on the fringes of the desert and at the border of Chad. Whereas the Zaghawa don’t account for more than 8 % of the whole population of Darfur, this clan can not represent more than 1 % of it. But its relative strength comes from a combination of different and sometimes conflicting factors.

An offspring of the Sudanese Islamic movement

Khalil Ibrahim was one of the educated youth from the peripheries of the country, that joined Hassan al-Turabi in support of its claimed intend to broaden the base of the Sudanese central power by the integration of members of peripheral regions into its National Islamic Front. So “Dr” Khalil Ibrahim (he did not complete his medical education), serving as an agent of the National Security and a militant of the National Islamic Front, became a Minister of Health in Northern Darfur, and later in the war torn South during the 90’s. From his short assignment in Darfur, he is only remembered for having squandered the whole budget of his Ministry.
But the long term view of Hassan al-Turabi met with a staunch resistance of the members of the party that claimed an Arab and Muslim identity and who didn’t endorse Hassan al-Turabi‘s dreams of an islamic revolution at the world scale. So when its mentor was put under house arrest following the internal coup of the cadres of the party grouped around Omer el Bechir in 1999, Khalil Ibrahim went into launching an armed rebellion. Hassan al-Turabi, from its prison, having kept the keys of the treasury of the party, and the upper hand on its following in the provinces, provided the funds and the agenda: the toppling of his former comrades, with Darfour as the starting ground.

The power base of the Zaghawa Chadian power structure

Khalil Ibrahim, belonging to the sultan’s family of Tiné, is a cousin to President Idriss Deby from Chad. His folk played a major role to establish him in this position, by chasing the former president, Hissein Habré, back in 1990. So Khalil Ibrahim was in position to request from his cousin a military support that was generously, albeit reluctantly given to him, the Ndjamena regime fearing the retaliation of Khartoum on its fragile grip on power.
A small tribal base, an islamist predicament and a strong military and logistical external support, that’s what the JEM is about.

All the JEM is Zaghawa, but few Zaghawa are JEM

It has to be mentioned here that the Zaghawa people are in their majority not represented by this group and this agenda. Since the mid-eighties where most of them shifted from a nomadic life of camel herders to a sedentary life of farmers and petty traders, a strong business community emerged through the smuggling trade between Sudan and Libya. These affluent merchants give a strong support to the cause of Darfur, but with no preference toward JEM. Many prominent leaders of the rebellion emanate from the Zaghawa community. But they do not support a Zaghawa, an islamic or Chadian agenda. It should be sufficient to name Dr Sherif Harir, a distinguished anthropologist at the university of Bergen in Norway, who has been exposing the causes of backwardness and poverty of Darfur for over 20 years, and who now leads the group of fractions united under the Eritrean umbrella ; Dr Suleiman Jamous, the former co-ordinator for humanitarian aid of the SLA, a senior activist well respected among the INGOs and the UN agencies, who now joined the SLA-Unity group, and last Mini Minnawi, a former school master, assistant to the leader of the SLA, Abdelwahid Mohamed Nur, whom he betrayed at the Haskanit conference in October 2005, with the backing of the CIA . Mini Minnawi claimed to be the new Chairman, imposed by the foreign trustees at the table of negotiations in Abuja, and was at last the only one to sign the short lived peace agreement. He was rewarded with the title of “Special assistant to the president” Omar al-Bashir, and his troops were integrated into the Sudanese army. They ended up attacking villages alongside of the janjaweed, their former enemies, and fighting their former comrades of the SLA.And Mini Minnawi is now so fearful and so isolated, being unable to deliver a peace in Darfur at Khartoum’s conditions, that a few years after having been received at the White House by President George Bush, he keeps cautiously away from Khartoum.
So there was no point for the Khartoum government to negotiate with a baseless movement, unable to help bringing peace to Darfur.

How to save soldier Al-Bashir ?

Khartoum is facing an emergency: the threat of seeing the president Omer al-Bashir being indicted by the general prosecutor of the CPI of war crimes, crimes against humanity and genocide in Darfur is becoming a major concern. The Western countries have at last decided to support the action of the CPI. Not that they want a regime change in Khartoum: the indictment of general Bechir is a way to clear the entire regime, which is a tightly knit system involving a closed number of decision-makers, of its collective responsibility. The possible removal of General Al-Bashir would then only give way to a more presentable leader, to be chosen among the core group of the former NIF, with no change in the regime long term policy.
It has not been an easy move, since the US strongly oppose any empowerment of the CPI, that could one day lead them to be held accountable of their acts in war operations. And because there are shared secrets between Khartoum and Washington, as far as cooperation in the “war on terror” is concerned. And because the Khartoum government is a reliable business partner for all western countries, and that it is ready to share the resources of its country with foreign companies.
So the Doha talks are just an attempt to save soldier Al-Bashir, with the staunch support of the Qatari government, that has been a long time advocate of the Sudan islamist regime cause in the international arena. It was well known from the start that the SLA of Abdelwahid Mohamed Nour, the only really politically representative group of a large array of ethnic and social groups of the population of Darfur, and foremost the displaced, wouldn’t be ready to play the game: their priority remains the return of the displaced to their homes, an adequate compensation for their plight, and the disarming of the janjaweed. This has all been promised several times by the GOS. But nothing has been done, not least because, on Khartoum’s side, there does not seem to be any will to return to the pre-war situation, let alone to grant any concessions to the rebels.
Khartoum could not even rely on the Mini Minnawi faction, which is not ready to give credit any more to Khartoum’s commitments. And the group supported by Eritrea is in search of a way out of the crisis that would give the Asmara regime the credit and status of a valued peace broker in the subregion, from Somalia to Chad.

The GOS and the JEM, unexpected bedfellows

JEM remained the sole option. It might seem paradoxical that it would have been interested in a fake peace agreement, less than one year after its failed attack on Khartoum. This attack has proven that its aim was foremost the toppling of the present regime, and in pursuing it, it didn’t care of the price to be paid by their kin. The repression by the regime, after the defeat of the aggressors, has been merciless: mass man’s hunt and random arrests, torture and killings have been systematic on the Darfourians living in Khartoum, and especially the Zaghawa.
But if the GOS needed this show of goodwill to try to appease Western countries, and close the ranks of their supporters throughout the Arab and Muslim world, the JEM itself had no choice than to abide by the tempting Qatari pressures, and to show the goodwill requested by the UN, the African Union and the Arab League.

Bad times for the JEM

The JEM is in effect under pressure from the Chadian government, although he twice saved it in the recent months, as a proxy militia which was able to check the attacks of Chadian rebels supported by Khartoum, that were about to overcome the Chadian governmental Forces. In order to secure a lasting peace with Sudan, and obtain the halt of the Sudanese support to its challengers, the Chadian president is now ready to expel the JEM cadres and troops, back inside the Sudanese territory : there they would be an easy prey for both Khartoum’s ground and aerial forces.
The JEM, as all rebel movements, is also under pressure from the international community, which has to take its revenge over the blow of Abuja. Negotiators and facilitators of all kind had spent a lot of money to get GOS and rebel negotiators mend fences, and nothing came out of these one year-long exhausting seven rounds of negotiations. They had been helplessly seeing the dividing manoeuvres of the GOS, the lavish corruption by the Nigerian guests, but the general mood of the international staff present in Abuja had been to fall on the helpless rebels who refused to sign a peace agreement void of any guarantee and any serious commitment by the GOS.

The international community united behind Khartoum

For various reasons, there has been from the start a tacit agreement for all foreign powers to search a swift settlement to the Darfur crisis, at any cost for the civilian population. Behind the humanitarian show and the useless international military deployment are only a few concerns that matter: Darfour is just a marginal problem, hiding the danger of a collapse of Sudan, the largest country in Africa, and a country that is blessed with plentiful resources attracting a tense and global competition. The Sudan government should therefore not be put at risk of collapse: his ruthless grip on the country is able and competent, with a clear view of world and regional affairs. It wants to develop the country in the frame of the global economy, and its islamic and arabist predicament is just a tool to obtain the submission of internal segments of the population, and foremost a blind support of the Arab and Islamic world. So no one is anymore keen to go for a regime change. Even the SPLA has become the staunchest supporter of general Al-Bashir, in fear of an untimely crumbling of the Naivasha agreement, which is in its view the gate open to independence. So yes to a weakened Bashir, that could be easier to handle, but still a Bashir, and let’s hope for general elections this year, and for a successful referendum on independence in 2011 !
The more so because there is no other option than this government: the opposition is weakened and divided, so the lessons of Iraq should not be forgotten… In short, it can safely be said that the Doha talks, although being presented as a turn in the crisis of Darfur, are nothing but an attempt to present the Sudan government as in search of partners for peace, and the CPI as a dangerous war monger, who could, if not checked, endanger the wholehearted search for peace of Khartoum. It remains to be seen if the CPI will abide by the pressures of western countries who want to avoid having Bashir put in the corner. If he should be removed as a scapegoat for the crimes of the regime, it could only be from inside the National Islamic Front in power, and the balance of forces at that moment is certainly not in favour of those who would defend that option: in face of dwindling oil revenues, the regime will be in need to tighten its control over the population, with the National Security keeping the upper hand on strategic options, which is no good news for Darfur nor for the rest of the country.

Notes

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Documents officiels

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Press Book

Soudan
Mission d’experts au Darfour
par Olivia Marsaud

Article publié le 13/12/2006 Dernière mise à jour le 13/12/2006 à 17:12 TU

(Carte : RFI)
Réuni en session extraordinaire à Genève, le Conseil des droits de l’homme de l’Onu a finalement résolu mercredi de dépêcher une mission d’experts de haut-niveau au Darfour, «pour évaluer la situation des droits de l’homme» dans cette région de l’ouest du Soudan où le conflit entre Khartoum et ses rebelles fait rage depuis 2003, propageant la guerre au Tchad et en Centrafrique par le jeu d’alliances tactiques transfrontalières. Une crise régionale que les Anglo-saxons envisageraient désormais de régler par la force.

Finalement, après deux jours de débats acérés, le Conseil des droits de l’homme de l’Onu s’est rendu aux arguments de l’Union européenne qui préconisait l’envoi d’une mission d’experts indépendants au Darfour où les principales ONG occidentales la pressent de «soutenir de nouvelles actions dures contre les hauts dirigeants soudanais pour leur échec à mettre un terme aux abus au Darfour». La mission d’experts décidée mercredi n’entre pas bien sûr dans cette catégorie «d’actions dures». Mais elle est censée rapporter des informations plus percutantes que la délégation des Etats membres du Conseil préconisée à Genève par la délégation algérienne, au nom d’un groupe africain sinon plus sensible aux vues de Khartoum, du moins soucieux de sauvegarder les apparences diplomatiques d’un sujet qui implique plusieurs de ses membres.

Depuis plus de deux semaines, des mouvements rebelles hostiles au président tchadien Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, ont multiplié les attaques dans l’est du Tchad. N’Djamena accuse le gouvernement soudanais de soutenir l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), une coalition hétéroclite d’opposants. Dans le nord de la Centrafrique, l’insécurité entretenue par des «coupeurs de routes» a été amplifiée par la présence de groupes rebelles, dont l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Celle-ci a récemment occupé plusieurs localités avant d’être délogée la semaine dernière par l’armée centrafricaine, soutenue militairement par la France qui voit la main de Khartoum derrière ces deux conflits.

Les desseins de Khartoum

«Le terreau des rébellions, c’est la mal-gouvernance, l’impunité et la misère», affirme Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. De fait, les régimes alliés du Tchadien Idriss Deby et du Centrafricain François Bozizé sont en proie à des crises intestines effectives. Mais, «il n’y aurait pas de conflit au Tchad, et dans une certaine mesure en Centrafrique, sans le Soudan», explique Marc Lavergne, chercheur au CNRS et spécialiste de la région. «Pour schématiser, le gouvernement de Khartoum veut faire tomber les régimes de ses voisins afin d’assurer la stabilité de la région du Darfour.» En effet, selon Khartoum, le Tchad apporte son aide au Front national de rédemption et des rebelles de la région appartiennent à l’ethnie zagawa, la même que celle du président tchadien Deby Itno…

En soutenant les rebelles centrafricains, Khartoum «tente aussi d’étouffer et d’encercler le Sud-Soudan qui, suite à un référendum, doit se prononcer sur son auto-détermination en 2011. Les Sudistes veulent l’indépendance mais les richesses en eau, en terres fertiles et en pétrole sont au Sud, ce qui gêne le gouvernement soudanais», ajoute Marc Lavergne. «Plus fondamentalement», la déstabilisation de la région prendrait sa source dans «le projet d’expansion du régime militaro-islamiste de Khartoum vers l’Afrique de l’Ouest, pour servir de relais à la stratégie pétrolière chinoise. L’idée serait de relier par des pipelines le golfe de Guinée à la mer Rouge…»

Vers une action militaire anglo-saxonne ?

C’est bien le pétrole soudanais qui est au cœur de cette crise régionale. Et, sur ce volet, les Etats-Unis montrent des signes d’impatience. Le Financial Times (FT) rapporte d’ailleurs dans son édition de mercredi que la planification d’opérations militaires auraient déjà commencé côté anglo-saxon. Lors d’une visite à Washington la semaine dernière, le Premier ministre britannique Tony Blair aurait même apporté son soutien à un projet d’interdiction de survol aérien du Darfour et s’apprêterait à demander le soutien des Nations unies sur ce plan. Tony Blair aurait aussi déclaré au président Bush que le cas d’Omar el-Béchir, le chef de l’Etat soudanais, devait être réglé dans les trois prochains mois. Toujours selon le FT, les Etats-Unis auraient aussi réfléchi à des attaques aériennes et à un blocus naval contre le Soudan.

Ce programme musclé soutenu par les Républicains américains, qui veulent s’attaquer au régime islamiste de Khartoum, pourrait aussi recueillir l’adhésion des Démocrates, qui souhaitent mettre fin à la crise humanitaire. De nombreux observateurs jugent cette option peu probable pour le moment, le «syndrome» irakien jouant en faveur d’el-Béchir. En outre, les Etats-Unis aimeraient agir avec le soutien de l’Onu. Or, le veto de la Chine, qui consomme presque les deux tiers de la production pétrolière soudanaise, est inévitable.

Enfin, toujours selon les indiscrétions du Financial Times, les Etats-Unis souhaiteraient aussi obtenir dans cette perspective le soutien de la France, qui aide militairement le Tchad et la Centrafrique. La diplomatie française affirme n’avoir pas encore été approchée en ce sens. Dans l’immédiat, les Etats-Unis font pression pour que Khartoum accepte le déploiement d’une force conjointe Onu/Union africaine à partir du 1er janvier 2007. La force actuelle de l’Union africaine, sous-financée et sous-équipée, compte 7 000 hommes. Khartoum dit oui au soutien logistique et financier de l’Onu mais non à la présence de Casques bleus sur le terrain.

Communiqués

Bibliographie