6 novembre 2009

Conférence “Le Darfour, une leçon de géopolitique” 5 novembre 2009

Des citoyens critiques
pour un exercice critique de la démocratie

Jeudi 5 novembre 2009, 20h30
à la Maison des associations de Vincennes
Le Darfour !
Une leçon de géopolitique
avec Marc Lavergne, directeur de recherche au Cnrs

Le Darfour ! Comment s’y articulent des enjeux internationaux, nationaux et locaux ! Violations des droits de l’homme, palinodies onusiennes et double langage des puissances occidentales ! Aide humanitaire contreproductive sous contrôle de pouvoirs territoriaux : ils y prélèvent leur dîme, la canalisent sélectivement selon leurs intérêts stratégiques pour affamer ou nourrir des populations ! Stratégies de pouvoirs centraux jouant des uns et des autres pour servir leurs buts de guerre, pour maintenir leur suprématie sur des territoires d’où ils tirent et tireront demain leurs rentes !
A partir de ce qui s’est passé au Darfour, Marc Lavergne (actuellement directeur du Centre d’études et de documentation économique, juridique et social du Caire) livrera une grille de lecture décapante des crises contemporaines.

Jeudi 5 novembre, 20h30 à Vincennes, Maison des associations- salle Paul-Rumeau, 41-43 rue Raymond-du-Temple (M° Château de Vincennes, Rer A Vincennes) – Entrée libre.
Renseignements : André Thiéblemont 01 43 65 17 10
Site http://www.rencontresdemocrates.com

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15 octobre 2009

Un grand Egyptien nous a quitté

Mohamed El-Sayyed Saïd vient de mourir, samedi 10 octobre, à 59 ans. Lorsque je l’ai connu, il y a moins d’un an, il était déjà malade. Mais il refusait de partir se faire soigner en France comme ses amis l’en pressaient, pour se consacrer à El-Badil, le quotidien qu’il avait fondé : une voix nouvelle, libre et critique, et qui allait disparaître faute de soutien financier.
Mohamed El-Sayyed Saïd restera à mes yeux une rare figure de courage et de droiture : il avait participé à la fondation de l’organisation égyptienne indépendante des Droits de l’Homme , il avait été emprisonné et torturé pour avoir pris la défense des ouvriers en grève d’une grande aciérie, en 1989, et il avait participé au mouvement Kefaya, qui durant sa courte existence, a ouvert pour la première fois en Egypte un espace de dialogue et de collaboration entre militants islamistes, laïcistes et progressistes.
Hier soir, à la mosquée Omar Makram, il y avait foule pour se recueillir en sa mémoire. Amis journalistes, écrivains, artistes, militants, politiciens de toutes générations et d’orientation souvent divergente, montraient une autre facette de l’Egypte : celle de gens qui, tout en étant au coeur de la vie sociale et intellectuelle de ce pays, rêvent à d’autres possibles…

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Al-Azhar : bas les masques !

L’Egypte se trouve brutalement plongée dans une dispute que l’on croyait réservée aux “ennemis de l’islam” : le Grand Cheikh d’Al-Azhar, Mohamed Sayyed Tantaoui, a donc intimé à une étudiante l’ordre de se dévoiler, c’est-à-dire de montrer son visage. C’est notre nouvelle affaire de niqab, qui ne peut laisser aucun Egyptien indifférent. Au-delà du fond de l’affaire, qui comprend de multiples dimensions, il est intéressant d’observer la façon dont la controverse se développe.
1) Personne à ma connaissance ne s’est posé la question de savoir si cet ordre avait vraiment été donné sous le coup de l’exaspération, ou s’il ne s’agirait pas d’une opération préméditée ?
2) Le débat se développe sans contrainte ni mots d’ordre apparents : le pouvoir est prudemment en retrait, les partis politiques de tous bords également, sauf à rappeler des positions de principe établies.

Le 8 octobre, certes, le Conseil Suprême d’Al-Azhar s’est réuni en urgence pour interdire l’entrée de l’Université aux étudiantes portant le niqab. Solidarité obligée, certes, et accord sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une obligation rituelle, mais d’une tradition (de quoi, de qui, d’où ?), et sur le fait qu’il difficilement concevable de faire cours devant une assemblée masquée : comment reconnaître, interroger, saisir les les relations d’un auditoire invisible ? Quelle conception se font ces étudiantes de l’enseignement, de l’interaction avec l’enseignant ? Al-Azhar passe souvent encore -et assez injustement- pour une institution archaïque, sclérosée, où l’enseignement ne fait appel qu’à l’apprentissage par coeur et à la recitatio : c’est hélas le cas de tout l’enseignement de ce pays, depuis le primaire jusqu’à l’université. Mais on voit là que le frein au changement vient autant de milieux extérieurs que de l’Université elle-même.
La Society of Knowledge appelée de façon incantatoire de ses voeux par l’Arab Human Development Report est encore bien virtuelle…
Mais le débat déborde largement le cadre de l’université : le niqab fait florès dans les rues du Caire, où il était réservé aux femmes du Golfe il y a quelques années. Que signifie t-il pour celles qui le portent, alors que le simple foulard est devenu une obligation “socialement correcte”, sans plus aucun contenu militant ou religieux, et est même devenu un instrument de libération et de séduction ?
Le niqab n’est-il au fond qu’un refuge, le moyen de préserver non seulement sa dignité, mais tout simplement son intimité, sa tranquillité dans un univers urbain agressif, au sein d’une société de mâles à la frustration exacerbée ? Le harcèlement des femmes, hier inconcevable, est devenu une réalité banale, contre laquelle les pouvoirs dits publics ne font pas mine de réagir.
Cela ne serait pas contradictoire avec un engagement salafiste : s’il y a débat sur le fait de savoir si ce voile existait à l’époque des “pieux ancêtres”, et sur la manière dont les femmes devaient préserver leur réputation ou celle de leurs hommes, ne peut-on pas y voir là une attitude retrait du monde qui trouve son équivalent dans le positionnement salafiste de retrait du combat politique…
Au-delà de ces considérations de profane, je me demande si ce coup d’arrêt mis à la vogue de niqab n’est pas le signal d’une volonté des autorités de mettre hors d’état de nuire l’ensemble du mouvement islamiste égyptien. Les arrestations sans motif clair de dirigeants des Frères musulmans se poursuivent à un rythme quasi-quotidien, au Caire comme en province, alors qu’ils représentés en force au Parlement. Certaines forces semblent vouloir préparer l’avenir et dégager la voie pour la future équipe dirigeante…

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16 mars 2009

La recherche dans le monde arabe : structures et perspectives

Intervention prononcée lors de la réunion de la CONFREMO (Conférence des Recteurs du Moyen-Orient), Université Saint-Joseph, Beyrouth, le 14 octobre 2008.

” Le rapport sur le développement humain dans le monde arabe de 2003 a pour thème central l’avènement espéré d’une « société de la connaissance ». Il met l’accent, cependant sur les déficiences du système d’enseignement et plus encore, sur les contraintes qui pèsent sur la recherche scientifique dans le monde arabe. “

(…)

“La CPI a fait preuve de courage, mais c’est insuffisant”

A lire l’interview accordée par Marc Lavergne à Fanny Costes de l’Hebdo des socialistes du 14 mars 2009 , sur http://www.parti-socialiste.fr/livresPDF/hebdo522/hebdo522.swf