12 juin 2009

Le Monde du 4 juin 2009: Comment Abu Dhabi va devenir une ville durable

ENTRETIEN

Marc Lavergne « Le modèle de Dubaï va être recomposé par la crise »
Article paru dans l’édition du 04.06.09
BU DHABI poursuit son urbanisation sans sembler souffrir de la crise, alors que son voisin Dubaï a accumulé 80 milliards de dollars (56 milliards d’euros) de dettes, a vu les prix de l’immobilier chuter de 40 % et a dû stopper de nombreux chantiers. Pour le géographe Marc Lavergne, expert en géopolitique du Moyen-Orient et fin connaisseur des villes du Golfe, le visage même des deux émirats exprime leurs destins opposés.

- En quoi Abu Dhabi et Dubaï divergent-ils ?

Il y a cinquante ans, les deux villes se résumaient à quelques huttes en paille. Aujourd’hui, leur apparence reflète bien l’identité de chacune. A Dubaï, la fantaisie architecturale et le foisonnement débridé des projets magnifient l’audace, l’ouverture au monde. L’émirat mêle depuis un siècle de riches commerçants iraniens et des Bédouins en rupture de ban par rapport à la « société mère » d’Abu Dhabi, qui tiennent à montrer qu’ils peuvent réussir aussi bien, même sans pétrole.

Abu Dhabi, au contraire, exprime une certaine retenue. La famille régnante a conservé l’austérité bédouine dans laquelle a grandi le cheikh Zayed (souverain d’Abu Dhabi de 1966 à 2004), passée en quelques années des campements nomades autour d’un feu de dattes à la fortune du pétrole.

- Comment expliquer la résistance différente des deux émirats face à la crise ?

La stabilité d’Abu Dhabi vient surtout du fait que l’économie y est concentrée entre très peu de mains, celles de la dynastie régnante et de quelques grandes familles, très conservatrices dans leurs investissements. Ça reste un pays rentier, adossé au pétrole.

A Dubaï, où le pouvoir économique est beaucoup plus morcelé, la crise a eu pour effet l’éclatement d’une bulle spéculative. Car après avoir répondu à des besoins de l’économie mondiale en devenant le supermarché de la planète, puis une place financière dérégulée, Dubaï a fait le pari de créer des besoins que personne n’exprimait : îles artificielles, complexes touristiques, hôtels de luxe, parcs de loisirs… L’émirat est devenu une cité-événement, condamnée à maintenir un rythme haletant pour ne pas tomber.

- Dubaï peut-il se relever ?

Je ne pense pas que son modèle soit condamné, mais il va être recomposé grâce à la crise. Car celle-ci a précipité les problèmes de gestion urbaine créés par un développement fondé sur la spéculation et la corruption : la pollution, les embouteillages, la criminalité, la destruction systématique de l’environnement, le manque de droits accordés aux étrangers…

- De son côté, Abu Dhabi dit vouloir diversifier son économie…

Ce sera difficile. Contrairement à Dubaï, qui a envoyé ses élites étudier dans les business schools américaines, Abu Dhabi ne dispose pas d’une technocratie formée dans les grandes écoles occidentales. Elle manque de compétences et de réseaux pour développer de nouveaux secteurs, commercer avec le reste du monde. Sans oublier les freins culturels : la population d’Abu Dhabi n’est pas prête à voir arriver le cortège de filles dévêtues et d’alcool qui a accompagné, à Dubaï, l’ouverture à l’économie mondiale.

Propos recueillis par Gr. A.

10 juin 2009

EU Institute for Security Studies TECHNICAL WORKSHOP ON “SCENARIOS FOR THE FUTURE OF SUDAN”

10/06/2009

Marc Lavergne a participé les 8 et 9 juin 2009, à l’atelier de l’Institut d’Etudes Stratégiques de l’Union Européenne à Paris, à un atelier technique sur ” L’avenir du Soudan :“Economy, Governance and Conflicts Management”, réunissant une vingtaine d’experts internationaux et les principaux responsables européens en charge de la politique soudanaise.

DAY 1 Monday 8 June 2009

15.00–15.15 Opening:
Alvaro de Vasconcelos
Damien Helly

15.15–16.45 Session I. Macro Economic Trends, Natural Resources and Agriculture

Chair: Sara Pantuliano
Presentations: Michael Kevane, Mustafa Babiker, Simon Harragin

17.00– 18.30 Session II. The Oil Sector

Chair: (tbc)
Presentations: Daniel Large, Luke Patey

DAY 2 Tuesday 9 June

09.30–11.00 Session III. Scenarios for the CPA framework and implementation

Chair: Luca Zampetti
Presentations: Dave Mozersky, Muin Shreim, Paula Roque

11.30–13.00 Session IV. Outside and Beyond the CPA: scenarios

Chair: (tbc)
Presentations: Suliman Baldo, Roland Marchal, Gerard McHugh

14.30–16.00 Session V. The way forward for regional and international policies

Chair: John Ryle
Presentations: Fuad Hikmat, Ruth Iyob

16.00–16.30 Conclusion and follow-up

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16 mars 2009

La recherche dans le monde arabe : structures et perspectives

Intervention prononcée lors de la réunion de la CONFREMO (Conférence des Recteurs du Moyen-Orient), Université Saint-Joseph, Beyrouth, le 14 octobre 2008.

” Le rapport sur le développement humain dans le monde arabe de 2003 a pour thème central l’avènement espéré d’une « société de la connaissance ». Il met l’accent, cependant sur les déficiences du système d’enseignement et plus encore, sur les contraintes qui pèsent sur la recherche scientifique dans le monde arabe. “

(…)

“La CPI a fait preuve de courage, mais c’est insuffisant”

A lire l’interview accordée par Marc Lavergne à Fanny Costes de l’Hebdo des socialistes du 14 mars 2009 , sur http://www.parti-socialiste.fr/livresPDF/hebdo522/hebdo522.swf

15 mars 2009

Dubaï, utile ou futile ? Portrait d’une ville rêvée à l’heure de la crise

Dubai, qui s’est érigée au rang de symbole de la mondialisation triomphante, est aujourd’hui confrontée à la plus grave crise de sa courte histoire. L’effondrement des marchés financiers et des cours du brut depuis l’automne 2008 est une épreuve de vérité pour son modèle de développement fondé sur les services destinés à une clientèle mondiale avide de profits rapides et de loisirs.
Cet article examine les recettes du modèle, et sa capacité à surmonter les difficultés présentes, ainsi qu’à évoluer pour donner à Dubaï l’assise humaine et sociale plus stable qui lui fait encore défaut.

Dubai, which set itself as a symbol of the triumphant globalization, is today facing the worst crisis of its short history. The collapse of financial markets and of the crude’s prices since the autumn of 2008 is a crucial test for its development’s model, based on services geared toward a worldwide range of customers, in search of rapid profits and of leisure.
This article examines the recipes of the model and its ability to overcome present difficulties, as well as to change so as to grant Dubai the human and social stability which it is still lacking.

Article complet à paraître dans la revue Hérodote, 2è trimestre 2009